Germine

 

 

Germine

 

 


Connaissez vous cette chanson ? Il y a de forte chance que vous répondiez oui. À la lecture, on reconnait Germaine, chanson popularisée par le groupe rock-folklorique Garolou.
Marius Barbeau la récolta à Tourelle en 1918, en plus de sa version légèrement plus contemporaine, Germaine. Cette complainte, qui nous vien tout droit du XIVe siècle, raconte le retour du prince d'Amboise, Guilhem de Beauvoir, auprès de sa jeune épouse. Il est étonnant de la retrouver ici sans aucune déformation.
C'est par l'intermédiaire d'Alfréda Savard, François Miville, Antoine Miville et François Saint-Laurent qu'elle nous est parvenue.


Votre héritage

Germine

C'est la jeune Germine, assise sur son lit.
À son château arrivent trois gentils cavaliers
Ont demandé Germine, fillette à marier

Je ne suis pas fillette, fillette à marier
Je me suis mariée à quinze ans et demi
Y a plus de sept années, mon mari est parti

Ah !Bonjour donc madame ! peut-on loger ici ?
C'est en l'honneur du prince d'Amboise et d'Amboisie
Le plus joli gendarme qui soit dans le pays

Ah, non ! certes dit-elle, je n'loge personne ici
Rendez-vous chez ma mère à ce château fleuri ;
Ell' loge tout le monde pour l'amour de son fils

Ah ! Bonjour donc, madame, peut-on loger ici ?
C'est en l'honneur du prince d'Amboise et d'Amboisie
Ah ! Oui, cetes, dit-elle, pour l'amour de mon fils !

Quand ils fur't mis à table, à l'heure du souper
Ils ne voulaient pas boire, ni boire, ni manger
Ils voulaient trop Germine, assise à leur côté

O mère, méchante mère, allez-vous en d'ici !
Si vous n'étiez la mère, la mère de mon mari
Je vous ferais jeter en bas du pont-levis

Partons cher camarades ! nos chevaux sont sellés
À la tabl' de Germine, je veux aller souper
Dans le lit de Germine, je veux aller coucher.

Germine, belle Germine ! Ouvre-moi ton mari !
Non je ne croirai pas que tu es mon mari
Avant que tu me dise qu'elle jour que tu m'a pris ?

Te souviens-tu Germine, du dix-sept au matin ?
Tu avais  à tes noces tes oncles et tes cousins (bis)

Non je ne croirai pas que tu es mon mari
Avant que tu me dise, quel cheval j'avait-i ? (bis)

T'en souviens-tu, Germine, Ton cheval de Paris ...
Non je ne croirai pas que tu es mon mari
Avant que tu me dise, quelle robe j'avait-i ?

T'en souviens-tu, Germine, Ta robe de de satin gris ?
Non je ne croirai pas que tu es mon mari
Donne-moi des remarques de la première nuit

T'en souviens-tu, Germine ? Tes anneaux d'or uni ...
Je t'ai serré si fort, si fort dans mes bras
Que ton anneau cassa, Germine, le voilà !

Servantes, belles servantes, accourez-tout's ici !
Allumez les flambeaux au quatre coins du lit
Je vais ouvrir la porte tout, grande à mon mari !

 

Germaine