Tourelle - Chasse-Galerie

Chasse-Galerie
Le canot dans les airs
Voici de que nous rapporte, sous la plume de M. Barbeau, the journal of américan folk-lore, vol. 33, 1920, à propos d'un épisode de chasse-gallerie survenu à Tourelle.
Isaie Saint-Laurent et d'autres on été tendre des rets. Il faisait bien beau. Tout d'un coup, (ils) voient venir un flat dans les airs. Il y a un homme qui rame de même, et un autre qui est à l'aviron, derrière. (Ce dernier) tiens un gros chien entre ses jambes. Isaie lui demande : « Ou ce que tu vas ? » Ils passaient au ras eux autres, en l'air. Je m'en va au Petit-pot-au-beurre. C'était un gars de Rimouski qu'il avait bien connu, et qui n'avait pas fait de dévotions depuis quinze ans. L'autre (on l'apprit plus tard) était décédé dans la même journée. Je (Isaie) pense bien que c'est en enfer qu'ils s'en allaient, parce que le chien qu'ils avaient, ce n'était pas un chien ordinaire ; il avait deux grosseurs comme les autres.
Il est arrivé à deux autres personnes de voir ou d'entendre d'autres canots.
Entre autres, François Saint-Laurent. Vers 1910, Alors qu'il était sur le chemin de retourd'un voyage aux Monts-Louis.
...J'entends un bordas terrible, qui vient du susuête, et ça l'air de venir vite comme les chars. Plus ça approche, plus que ça mène du cabat. Et ça vient si droit sur moi que je me pense fini. Je dis au plus vite mon acte de contrition. Après ça, je n'ai que le temps de dire : «Ah ! Mon Dieu...» Et je m'envoie la face dans la neige.
Le bordas avait l'air de passer à la hauteur des poteaux de télégraphe. On entendait des jappes, des hurlements, des chaînes qui sonnaient, des bruits de toutes espèces, comme s'il y avait eu des morceaux de couverts de chaudrons qu'on frottait ensemble. Ça faisait tout le train imaginable, et c'était si fort que les oreilles m'en teintaient pas moins de dix minutes après que ça été passé. Et le cabat se dirigeait en gagnant le nord-noroué.
François Vallée, pour sa part, avoue avoir entendu, à quelques reprises, des violons dans les airs. C'était habituellement entre Noël et le Jour de l'an. Période propice à de telles activitées.
Des sornettes d'un temps désormais révolu, direz-vous ? Pourtant, aujourd'hui, on a nos soucoupes volantes.