Sainte-Anne-des-Monts - La rivière Sainte-Anne

La Rivière Sainte-Anne
La rivière Sainte-Anne fut bien avant l’arrivée des premiers Européens, un objet de convoitise. Elle le fut tout d’abord pour les Amérindiens micmacs de la côte qui y trouvèrent un important apport alimentaire. Mais elle le devint davantage avec la création des seigneuries. Dès lors, l’approvisionnement changea sa vocation : à l’origine alimentaire, il devint commercial. Les seigneurs reconnurent rapidement l’intérêt de la rivière. Ne se déplaçant pas au-delà de l’embouchure, la prise de saumons par filets était généreuse. La pêche au saumon telle que nous la connaissons aujourd’hui ne prit forme que beaucoup plus tard.
À la suite de Lord Dorchester qui, à la fin du XVIIIe siècle passa quelques étés à la Baie-des-chaleurs, des membres de l’aristocratie britannique et de la haute bourgeoisie canadienne et américaine se rendent annuellement en Gaspésie. Ce fut alors le début d’une grande histoire d’amour entre le public et le domaine touristique.
Cette riche et aisée clientèle ne tarda pas à découvrir les bienfaits de la pêche au saumon. En 1865, la rivière Sainte-Arme est assujettie à des étrangers. Henry Hogan fut le premier locataire, soit de 1865 à 1874. Les frères Stankey d’Angleterre lui succédèrent de 1874 à 1904. La Sainte-Anne possédera son propre club de pêche, soit le “Sainte-Anne Fishing Club”, composé de Louis Edouard Starkey de Londres (Angleterre), de Thomas-Randle Starkey de Norwood Park (Angleterre), d’Arthur-Henry Sarkey de Huddersfield (Angleterre), de W-H. Lambton de Redfield (Angleterre) et de Ch.-H.BulwerCaldwell de Novan (Irlande).
En 1904, les frères Stankey vendirent leurs droits à Percy Chubb, courtier d’assurances de New York. Ce dernier décédera le 14 juin 1930, dans le train Océan ltée. Ce train offrit, jusqu’en 1950, une desserte entre Métis et les grands centres. Il offrit ainsi, et durant de nombreuses années, aux pêcheurs et visiteurs l’accès le plus rapide à la rivière de la région.
Suite aux décès de M. Chubb, son neveu Hendon hérita de ses droits et vint pêcher dans la Sainte-Anne pendant 5 ans avec ses fils Thomas et Percy Junior. Il revendit ses droits à Maurice Wertheim. Lors du décès de ce dernier, son épouse, Cécilia Wertheim, conserva ses droits jusqu’au 31 mars 1969.
Le 23 juillet 1969, la rivière Sainte-Anne devient un bien provincial. Elle tombe sous l’autorité du ministère du Loisir, de la chasse et de la pêche et devient du fait même une réserve de pêche .
La rivière Sainte-Anne prend sa source au lac Sainte-Anne, par delà le mont Albert, dans le canton Lemieux, et tout près des sources de la rivière Petite -Cascapédia. Coincée entre les monts Lyall et Sterling, elle s’alimente au fond d’un canyon dont les murailles atteignent 900 mètres, puis elle s’oriente vers l’ouest après avoir dépassé la double masse du mont Albert.
Après une course de 72,5 km, au dénivelé de 400 m, elle déverse ses eaux dans le fleuve Saint-Laurent au centre de la municipalité de Sainte-Anne-des-Monts. C’est d’ailleurs Champlain qui nomma cette localité « des Monts », en l’honneur de Pierre du Guost, sieur des Monts.
Cadre de gestion
C’est depuis 1993 que l’exploitation de la rivière Sainte-Anne relève de Destination Chics-Chocs, organisme du milieu. Sur le plan sportif, la rivière se partage en 4 zones. Ainsi, de l’amont vers l’aval, on passe successivement d’une zone de pêche interdite à un parc provincial, puis à une réserve faunique de rivière à saumon, avant d’aboutir à une zone publique d’accès libre, sanctuaire non affecté à la pêche. Ce statut s’applique aussi à la rivière Sainte-Anne Nord-Est. La pêche sportive au saumon est pratiquée et réglementée en aval de la confluence des deux rivières Sainte-Anne. Un premier tronçon de 27 km est compris à l’intérieur des limites du parc de la Gaspésie, auquel succède la Réserve faunique de la Rivière Sainte-Anne. Le territoire de la réserve faunique de la Rivière-Sainte-Anne correspond à la partie de la rivière appartenant à l’État, comprise entre l’embouchure à Sainte-Anne-des-Monts et la limite nord du parc de la Gaspésie.
Les 5 derniers kilomètres, jusqu’à l’embouchure de la rivière Sainte-Anne, constituent essentiellement une zone d’accès libre, sans statut particulier, correspondant aux terrains privés qui comprennent quelques rares droits de pêche.