Parc de la Gaspésie - 1860

 

 

 

La Serpentine - 1860

Prospection minière en Gaspésie en 1860


   

Le géologue N. E. Logan, en l’honneur de qui on a nommé le mont Logan, travaillait pour le gouvernement du Canada-Uni. On lui a demandé dans les années 1860 d’examiner la structure géologique de la Gaspésie. Il fut sans doute le premier homme blanc, guidé par des Micmacs de Gaspé, à traverser la péninsule par les rivières Cap-Chatte et Cascapédia. Auparavant il avait remonté la rivière Ste-Anne sans doute avec l’ancêtre des Pelletier ¨Rat musqué.¨ Il découvre des traces abondantes de minerais dans les Schickshocks, provoquant ainsi les espoirs des gens de ce temps là, à l’instar de ceux d’aujourd’hui ! À son retour à Montréal, Logan adresse une lettre au curé Elzéar Michaud sur le sujet.

R.P.

   

Montréal, le 2 août 1860

 

Cher monsieur,

 

Bien qu’il y ait, sans doute, une bonne stratification de matière chromée et une grande abondance de serpentins dans les monts Schickschocks du côté ouest de la rivière Sainte-Anne, je ne me risquerais pas pour autant à aviser ceux qui ont jusqu’ici pratiqué l’agriculture de se précipiter dans la prospection et dans l’extraction de ces minerais sans mûre réflexion.

 

La serpentine existe en grande abondance dans les Cantons de l’Est produisant un marbre d’une beauté fascinante, mais personne ne s’est aventuré encore à l’extraire commercialement. L’extraction de la serpentine se pratique aussi dans le Vermont, mais là je pense que cela exige beaucoup d’énergie et une longue persévérance pour trouver des acheteurs qui vont l’utiliser.

 

Le marbre statuaire est un minerais facile à vendre, mais ce n’est pas pareil pour le marbre jaspé ( bigarré). Le marbre des Schicksckocks est de cette dernière catégorie. Les veines de chrome sont également connues dans les Canton de l’est, mais on les a pas encore exploitées. La valeur de ce minerais s’établissait auparavant en rapport avec la quantité de chrome découverte : 12 à 20 livres la tonne.

 

Mais je le crois, la découverte de ce minerais en régions, méditéranéennes, en énormes quantités, en a considérablement réduit le prix. La dernière quotation dont j’ai eu vent à se sujet, ne s’ élevait pas à plus de livres la tonne. Jusqu’à ce que le pays… soit plus développé, l’industrie minière à plus de dix ou douze milles de la mer constituera une entreprise excessivement ardue.

 

Je suis, cher monsieur, très sincèrement vôtre.

 

N.E Logan

 

N.B. Cette lettre provient des archives d la famille Arthur Roy, des Grands-Fonds du Cap-Chatte.

 

Traduction R.P

 

01 décembre 2010